(Dernière modification le 17/03/2020)

Que faudrait-il pour devenir pas seulement un bon flûtiste, mais un flûtiste tout à fait excellent?

Pour toucher à l'excellence, il faut d'abord, tout comme pour devenir simplement un bon flûtiste...

   

l'envie

 

C'est toujours la première des qualités. Parce qu'on n'apprend que péniblement sans envie, même si on arrive à se forcer à travailler, tandis que le cerveau retient tout aisément et réalise des miracles quand nous faisons les choses qui nous intéressent vraiment.

 

Cela dit, l'envie vient souvent en faisant. Les premiers pas peuvent ainsi parfois coûter un réel effort et nécessiter un minimum de discipline. Il faut alors au moins avoir envie d'avoir envie...

 

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Mais il faut aussi...

 

du travail (sensiblement plus que pour devenir "juste" bon)

 

A mon avis, on peut en effet devenir un bon flûtiste avec seulement un quart d'heure d'exercice par jour. Si on s'exerce en étant bien concentré.

 

1 heure de travail quotidien peut probablement suffire pour atteindre le niveau du diplôme d'un 3e cycle de conservatoire. A condition toujours de travailler efficacement.

 

Pour devenir vraiment excellent, il faudra certainement plus. Mais le plus n'est pas toujours le mieux. 3 heures de travail personnel par jour en moyenne me semble ainsi être le maximum souhaitable. (J'ai fait beaucoup plus à une époque, et cela est loin de m'avoir servi. Voir la page que je consacre à la dystonie...) Plus que le nombre d'heures, importent toutes ensemble la concentration, la méthode, la confiance et la patience...

 

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un bon, un vrai professeur, jouant lui-même, passionné et pédagogue, ayant envie de partager sa passion et d'aider ses élèves à progresser (serait un plus)

 

C'est à dire que des petits génies de la flûte y arrivent aussi sans. (Et cela tombe bien, puisque, d'après mon expérience, la plupart des enseignants ne sont pas ce que j'appellerais de bons ou de vrais professeurs - parfois par manque de compétence, souvent par manque d'empathie.)

 

Même certains parmi les élèves moyennement doués peuvent réussir sans un bon maître. (Et cela est heureux, parce que les vrais maîtres sont extrêmement rares.) Mais il leur faudra pour cela un désir particulièrement fort et une volonté sans faille, pour tenir sur un chemin qui pourrait être ô combien long et ardu!

 

Pour tous ceux qui ne sont pas extraordinairement doués, un bon et vrai professeur peut en effet être une grande aide, pour leur insuffler de l'énergie quand la motivation faiblit et les rassurer dans les moments de doute, pour leur éviter de se perdre sur de mauvaises voies, et pour les aider à voir toujours plus loin...

 

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de la méthode

 

Parce que si il est bon et nécessaire de travailler, c'est encore mieux, et pas moins nécessaire, de bien travailler. Si une certaine quantité de travail est indispensable pour arriver à un très haut niveau, il vaudrait encore mieux travailler trop peu que de travailler mal.

 

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de la confiance

 

Il faut avoir confiance...

 

... en son professeur, si on a la chance d'en avoir trouvé un bon. Parce qu'il est par exemple souvent désagréable de changer une technique déjà acquise comme une habitude et qu'on peut alors douter, avoir même l'impression de régresser, mais qu'il faut parfois être prêt à reculer pour mieux avancer, pour aller plus loin. Parce que l'élève avance généralement à tâtons, alors qu'un bon professeur connait le but et sait par quel chemin y amener l'élève. Mais il ne peut l'y amener contre sa volonté.

 

... en soi, simplement parce que tout devient difficile si on doute d'en être capable. Or, croyez-moi: Jouer merveilleusement bien de la flûte (je parle là de jouer de la flûte et non de jouer de la musique, parce que la maîtrise du jeu d'un instrument de musique est une action qui se laisse juger sur des critères relativement objectifs, tandis qu'une interprétation musicale est une chose hautement subjective) - jouer merveilleusement bien de la flûte, donc, est certes extrêmement compliqué, mais ça n'est pas difficile. Je veux dire par là que nous réalisons tous les jours sans y penser nombre d'actions extrêmement compliquées, dont l'apprentissage nous a demandé des mois ou des années (pensez, par exemple, aux difficultés énormes qu'a un tout jeune enfant et au temps nécessaire à tout humain pour apprendre à se lever, à se tenir debout et à marcher...). Pourtant, toute personne qui ne souffre d'un sérieux handicap accomplit aisément ces actions. De même, toute personne ne souffrant d'un certain handicap physique ou mental peut devenir un excellent flûtiste. Simplement, le cerveau humain en est capable.

 

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de la patience

 

Il faut travailler, assez mais point trop et intelligemment, mais il faut aussi savoir laisser les choses arriver. En effet, nous ne pouvons décider du rythme auquel nous nous développons et il faut accueillir les progrès comme ils viennent, au risque sinon de les ralentir ou même de les bloquer.