Des flûtes européennes

(Dernière modification le 24/06/2019)

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Theobald Böhm (1794-1881), le père de la flûte moderne, qui lui donna vers 1847 à peu de chose près sa forme actuelle, était Bavarois.

Flûte cylindrique n° 1 de Theobald Böhm - Photo reproduite avec l'aimable autorisation de Robert Bigio. (www.bigio.com)
Flûte cylindrique n° 1 de Theobald Böhm - Photo reproduite avec l'aimable autorisation de Robert Bigio. (www.bigio.com)

A la fin du XIXe et au début du XXe siècle, les meilleurs instruments étaient probablement ceux produits à Paris par Louis Lot (1807-1896), ses collègues et successeurs.

Flûte  Louis  Lot  n° 560  -  Photo  reproduite  avec  l'aimable  autorisation  de  Robert Bigio. (www.bigio.com)
Flûte Louis Lot n° 560 - Photo reproduite avec l'aimable autorisation de Robert Bigio. (www.bigio.com)

Albert K. Cooper (1924-2011), le dernier luthier à avoir apporté à la facture de la flûte une amélioration vraiment considérable (l'échelle de Cooper - Cooper scale), était anglais.

Albert K. Cooper à son atelier.
Albert K. Cooper à son atelier.

Aujourd'hui, peut-être 99% des flûtistes - amateurs et élèves, mais aussi professionnels - jouent des flûtes japonaises, américaines, ou, de plus en plus, chinoises.

Mes parents m’ont offert ma première flûte à la fin des années 1980. C’était une Buffet Crampon et elle porte la marque "Made in England". Ces flûtes ont ensuite été fabriquées un temps en Allemagne... puis en Asie, et la marque bientôt cessé d'en produire. (C’est d’ailleurs bien regrettable parce que, si la qualité de la mécanique laissait à désirer, sur le plan de l'intonation, ces instruments, conçus en partenariat avec Albert Cooper, étaient meilleurs que bien des modèles professionnels.)

 

Il y avait dans ces années depuis longtemps déjà aussi des marques américaines et asiatiques (principalement japonaises à l’époque). Qu’on soit en Amérique, en Asie ou en Europe, il était donc possible de trouver des instruments - aussi pour débutants - pas trop chers et fabriqués près de chez soi. Tandis qu’aujourd’hui la quasi-totalité des instruments dits de débutants ou d'étude sont fabriqués dans des pays à main-d'œuvre bon marché - le plus souvent en Chine ou en Indonésie, au mieux à Taiwan.

 

Cette tendance, depuis quelques années déjà, ne se limite d’ailleurs plus aux instruments bas de gamme. Pour ne citer qu’un exemple, le plus ancien fabriquant américain (entreprise rachetée par un homme d'affaires chinois) produit aujourd'hui la plupart de ses instruments - jusqu'à des modèles "faits main" en argent - au moins partiellement en Chine. Plusieurs autres grandes marques américaines et japonaises et au moins un luthier allemand proposent de même des modèles fabriqués au moins en partie en Chine ou à Taiwan.

 

Comme dans les autres domaines de la production mondialisée de biens, on recherche évidemment là seulement les plus bas coûts de production possibles. Les critères de la compétition économique mondiale ne sont malheureusement pas ceux de la qualité. Tout l’inverse d’une démarche artistique, donc...

 

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Concernant les instruments qu’on dit “professionnels” et “semi-professionnels”: Un musicien est évidemment libre de choisir un instrument français, allemand, américain, japonais ou chinois, si il lui permet de mieux exprimer son sentiment ou sa conception artistique. Quand un luthier, par contre, fait fabriquer ses instruments dans un autre atelier pour faire baisser ses coûts de production, il va contre le principe même de l’Art. (En outre, dès qu’un luthier ne fabrique plus lui-même ses instruments, il ne fait plus œuvre de luthier - un luthier étant un artisan et non un industriel ou un “entrepreneur”. )

Il reste encore aujourd'hui de nombreux

facteurs de flûtes en Europe.

 

Ci-dessous une liste - non exhaustive - par pays et ordre alphabétique.

 

Il s’agit généralement de véritables artisans travaillant dans de petits ateliers. Leurs instruments sont de ce fait évidemment plus chers que des flûtes fabriquées à la chaîne à des milliers d’exemplaires en Chine ou en Indonésie. Leurs prix ne sont par contre pas plus élevés que ceux des grandes marques japonaises ou américaines pour des modèles équivalents. A noter aussi que la marque Philipp Hammig propose des modèles en maillechort avec tête en argent, financièrement plus abordables.

 

Je vous invite à visiter les ateliers, à voir leur travail et ce qui est effectivement réalisé sur place.

France

  • Parmenon

49 rue du Colombier

F-45000 Orléans

Tel.: 02 38 42 09 10

www.parmenon-flute.com

  • Jean-Yves Roosen

Flûtes, du piccoletto à l'octobasse

35, rue Simart

F-75018 Paris

Tel.: 01 48 74 57 70

www.roosen.fr

Suisse

  • Inderbinen Blasinstrumente

Aarauerstrasse 9

CH-5033 Buchs b. Aarau (AG)

Tel.: 00 41 62 822 83 28

www.inderbinen.com/index.php/fr/instrumentenbau-fr

Allemagne

  • Anton Braun

Flûtes et piccolos (exclusivement en bois)

In den Obergärten 22

D-63329 Egelsbach

Tel.: 00 49 61 03 61 21 7

www.braunflutes.com

  • Harry Gosse

Schillerstrasse 5a

D-79822 Titisee-Neustadt

Tel.: 00 49 76 51 42 02

www.boehmfloete.de

  • Bernhard Hammig

Flûtes et piccolos

D-77933 Lahr/Schwarzwald

Ce luthier produit effectivement de manière artisanale des instruments de haute qualité, mais laisse malheureusement aussi fabriquer partiellement certains modèles en Asie. C’est pourquoi, si je le cite, j’ai supprimé le lien.

  • Philipp et August Richard Hammig

Flûtes (aussi maillechort avec tête argent, donc financièrement plus abordables), piccolos, flûtes altos et basses

Neue Straße 3-5

D-08258 Markneukirchen

Tel.: 00 49 37 42 22 500

www.hammig.eu

  • Jochen Mehnert

Flûtes et piccolos

Ringstraße 23/1

D-73113 Ottenbach

Tel.: 00 49 71 65 10 97

www.mehnertfloeten.de

  • Gerhard Sachs

Auf dem Filz 16

D-72820 Sonnenbühl

Tel.: 00 49 7128 13 73